14 aout, concert de Metallica à Arras.
Pas revu le groupe depuis le Parc des Princes et la tournée pour St. Anger. L’album qui a remis un peu les choses en question quand même. Moi j’avais adoré Load, le côté « dark cow boy » si on peut dire, entre le Metal et la country, finalement c’était bien mon truc. Apprécier l’album avait été une lutte avec moi-même puisqu’il m’avait fallu près d’un an (la sortie de Reload en fait) pour l’écouter entièrement, et donc aimant le tournant pris par le groupe, je m’attendais à une continuation dans cette lignée, surtout que les Garage et autre S&M laissaient plus ou moins présager des choses en ce sens, au vu des nouvelles chansons No Leaf Clover et –Human ou du medley de Mercyful Fate, eh ben non que nenni. A la place on a eu St. Anger que je n’aime toujours pas d’ailleurs, à la différence de Load. La soupe n’a pas prise avec le temps : une batterie avec un son de chinois qui joue de ses baguettes sur des canettes de Kro, un Kirk Hammett qui pourrait tout aussi bien de pas être sur l’album vu qu’il n’y a aucun solo, un chant qui n’en est plus un par moment et tout simplement rien que j’aime.
Bref, tout ça pour dire que je voulais voir le Live Shit sur scène et pas autre chose, pas les chansons du dernière album, rien d’inédit, riieeen, du vieux, j’aime pas le progrès moi, on était bien mieux dans le temps à chier dans les orties et à en ressortir avec l’anus digne des joues d’un adolescent en pleine puberté. Arrivé à Arras avec eul’Dep, la Nat’ et Ptitcul, qui fait là son tout premier concert de Metal, jolie baptême merdalors, on se gare à côté d’une bande de jeunes, tenues noirs, slips à clous tout le toutim et en plus qui viennent d’Outreau, ambiance assurée, d’autant plus que les gens veulent absolument nous parler. Malgré leurs jets d’agilité répétée, je dois dire ECHEC CRITIQUE. Dur de commencer à jeun avec des gens qui semblent déchirés depuis 3 heures, sauf si j’ai pko avec moi, là on peut causer avec des russes de youri, narhouille et tout, mais là c’est dur, je vieillis. On se met en route pour entrer dans la « salle » qui est en fait la grande place d’Arras pour arriver devant une foule déjà bien massive. Il est 14h en gros à ce moment là. J’ai les places de Richard Conoway de la Marne avec moi, donc je l’appelle pour savoir d’où qu’il en est : « je suis presque à Reims », normal. J’appelle donc Thomas, autre absent pour voir où lui en est : « pas encore parti de Paris ». Boooon, normaaaal, il est 14h, le concert est à 17h, normaaal. Dans la douleur Conoway finit par se pointer et on embraye donc vers l’entrée et le compactage de la foule. Jamais vu une organisation aussi mauvaise. Arras si je ne m’abuse c’est 25 000 spectacteurs, et pour tout ce monde là, on a prévu quoi ? Deux entrées avec une seule file par entrée, glorieuse idée. A Vitry le François, dans la marne, à l’Orange Bleue, c’est tout pareil, sauf qu’il y a ptete 100 personnes max dedans quoi. Avançant donc de 5mm toutes les 5 minutes, nous finissons par arriver à 5 bons mètres du premier checkpoint quand le concert commence. Bon, en même temps, le premier groupe, Gojira, j’en ai rien à secouer, mais à 80 euros la place de concert, on peut estimer qu’on a le droit de se faire oindre l’obscur orifice avant de se le faire violenter. Nous arrivons enfin à la première ligne, là où on nous fouille, chose faite on avance gaiement vers la deuxième ligne où l’on contrôlera nos billets avant de nous laisser entrer sur la place… Mais noooon, pourquoi se faire chier à faire un truc simple quand on peut faire chier le monde heiiin. 4 checkpoints (oui je sais je parle comme si on faisait du Rally mais en même temps je n’ai pas la moindre idée du nom que ça pourrait avoir, alors ça ou autre chose hein, pour la peine je vais dire tabouret dorénavant), ils ont mis 4 putain de tabourets pour entrer sur la place ! Au final ça a donné deux contrôles du billet et trois fouilles et nous a fait arriver sur la place quand Gojira, qui a joué une bonne heure, faisait sa dernière chanson. Pute d’organisation tiens merde. Réconfort tout de même, Thomas, arrivé après nous en chiera encore plus, bien fait. On zone un peu pendant l’intermède (oui hein parce que le concert étant vendu comme étant un festival, il faut que ça dure, même s’il n’y a que trois groupes, donc on nous pond des interludes d’une heure entre chaque groupe, encore une fois : pute borgne d’Arras), on constate qu’il faut payer pour pisser (et pas 10 centimes hein), du coup y a plein de gens qui pissent un peu partout sur la grosse tente du bar Maitre Kanter et se font dégager la bite à la main, le liquide s’écoulant gaiement sur leurs chaussures par des vigiles, enfin bref, le concert est donc une immense pompe à fric, entre le prix de l’entrée, et les thunes qu’il faut dépenser une fois sur place, il fallait donc être armé de patience et d’un solide porte monnaie pour affronter la journée.
Le deuxième groupe arrive. Within Temptation. Impossible d’affronter ce groupe l’estomac vide. Le souvenir des ailes de chauve souris que constituent les bras de la chanteuse quand elle remue sur scène ne m’a jamais quitté depuis un concert de Maiden dont il faisait la première partie il y a quelques années. Nous voilà donc en chasse, eul’Dep et moi d’un Américain avec un maximum de gras dedans. Bien nous en a pris puisque vu le temps qu’il nous a fallu pour les choper, on a bien du louper la moitée de la prestation de la grosse dondon. Bon, j’exagère encore et toujours, ce n’est pas Carine Filliot non plus, ce n’est pas la fête du quintal ni rien, elle est même surement motocultable. Mais faut qu’elle ferme sa gueule. Within Temptation, ce n’est pas possible. Non ce n’est vraiment pas possible. C’est l’expression même du kitch dont est capable le métal, et ce n’est pas les 3-4 princesses gothiques en robes de velours qui pourront me contredire là-dessus. Non, parce que quand on vient dans un concert avec des habits qui ont la même texture que les revêtements des sièges des trains de nuit italiens on devrait apprendre à pas la ramener.
Deuxième interlude. Les chansons s’enchainent au haut parleur, on prend notre mal en patience. AC/DC avec It’s a long way to the top (…) (merde) commence à remuer les gens quand on entend enfin les premières notes de The Ecstasy of Gold. Montée en pression… Et…Creeping Death directement, décollage assuré. En bref, parce que quand c’est bon y a pas grand-chose à en dire, mon meilleur concert du groupe jusque là, tout simplement parce que jamais, jamais, j’ai entendu un son aussi bon. Autant l’organisation et tout ça était à chier par terre, que la technique était grandiose. Une très bonne setlist , avec quelques surprises comme And Justice For All ou Ride The Lightning qu’on a pas l’habitude d’entendre en concert, le tout enrobé d’une putain d’énergie par un groupe vraiment en forme, et nous voilà dans un putain de concert de 2h qui m’a fait penser que la prochaine fois, en plus des 80 euros, je leur donnerai mon enfant mâle premier né, parce qu’en fait c’est pas si cher payé quoi.
Aucune chanson de St. Anger. Ouf. Mais quand même Cyanide. Une petite nouvelle qui m’a laissé un peu dubitatif sur le coup, la basse de Trujilo m’ayant fait adorer mais un passage complètement arythmique m’ayant perdu en plein milieu du morceau. Mais ça a été suffisant pour relancer le feu sacré. Non le prochain Metallica ne serait pas un autre album de psychothérapie de groupe avec des hurlements primaires et les tambours du Bronx sur des poubelles…
13 Septembre, après un vrai combat pour trouver l’album le jour de sa sortie parce que la FNAC et Cultura Chanteraine sont des trous de balles qui pensent que plus personne n’écoute autre chose que Diam’s et Matt Pokora en France, je finis par trouver l’objet de ma convoitise, voire même plus vu que je tombe sur la box que je pensais uniquement réservée aux gens ayant fait des pré réservations. 103 euros plus tard, je déballe fébrilement le CD, le cale dans la voiture et c’est parti… Bon moi je ne donne pas dans le suspens, l’album est un putain de bon CD, bardé de compos excellentes (même si pas forcément originales) qui sont des tubes du groupe en devenir, c’est puissant, c’est efficace, c’est enfin le retour des mélodies qu’on peut suivre sans se faire dérouter aussi sec par des trucs complètement asynchrones et surtout des solos avec le « retour » d’Hammett.
Tour d’horizon, zuuuuuuu(domon) :
That Was Just Your Life
Première piste, intro légèrement malsaine qui fait qu’on ne s’est pas trop ou on va… Alors, réussi ? Pas réussi ? Eh ben si on se fit uniquement à cette chanson là, on va passer notre chemin. Perso je n’ai réussi à l’apprécier qu’après un petit moment. Le fantôme de St Anger est encore trop présent au dessus du groupe, et la chanson donne trop un sentiment de déjà vu en ce sens justement, alors qu’au final, les écoutes se succédant ça tire beaucoup plus sur du Ride The Lightning ce qui est quand même une putain de bonne surprise pour la suite. La chanson n’est pas mauvaise, mais elle ne s’apprivoise pas forcément facilement. Mais au fur et à mesure, elle se révèle et devient de mieux en mieux Et après ? Merde, en concert celle là, elle va donner grave…
The End Of The Line
Suite direct de la première piste elle fait exactement le même effet, lors des premières écoutes on a tendance à la passer pour aller vers les titres plus accrocheurs comme Cyanide ou Unforgiven III, et comme pour l’autre, erreur. Certes il faut plusieurs écoutes, mais la chanson qui lorgne à bloc sur Kill’Em All avec ses faux airs de Four Horsemen, donne automatiquement l’envie de se retrouver en concert, et le chant, agressif à souhait, achève de faire aimer la chanson pour peu qu’on se donne la peine de l’écouter vraiment.
Broken, Beat & Scarred
L’intro lancinante du début accroche dès le départ, c’est du bon celle là. Chant excellent, rythmique qui ne te lâche plus une fois en tête, une basse qui, bien que discrète, te porte complètement sans même t’en rendre compte. Du pur Metallica, du bon. Et encore une fois, une putain de chanson à concert…
The Day That Never Comes
La chanson qui sert de single à l’album. Je trouve ça dommage d’avoir pris celle là d’ailleurs, elle est bien oui, mais bon, je trouve ça un peu facile quand même, d’autant plus au vu du clip qui traite de la guerre en Irak, bien que ce soit sous un jour peut être légèrement différent puisqu’en gros on dira qu’il montre à quel point la guerre change les hommes (paranoïa tout ça) qui la font, enfin moi je l’ai compris comme ça quoi, si toi tu y vois un message sur la sodomie en apesanteur de canards par des ours, je pense que c’est tout aussi possible mais là il faut consulter car tu as été définitivement altéré par l’œuvre de Gaudelette, bref tout de même, arrêtes de m’interrompre caboche, ça manque quand même un peu de prise de risques, de couilles quoi merde. Encore et toujours, on est à la maison avec cette chanson, le fan de Metallica croira y déceler des tonnes et des tonnes de références à d’autres chansons du groupe, départ doux, montée en intensité ponctuée de retours doucereux jusqu’à l’explosion finale. Bref c’est une bonne chanson et tout mais merde, c’est quand même de l’archi super classique pour le groupe (mais pas une resucée pour autant cela dit).
All Nightmare Long
Ah putain l’intro ! Love, me v’là reparti vers la Tour Sombre d’un coup ! La chanson dépote, très bon rythme, pas trop de trucs asynchrones, encore une fois un bon mélange de tout ce qu’à fait Met’ jusqu’à présent, mais cette fois avec plus de couilles, plus de nouveautés, c’est du Dark Cow Boy Country Metal là (bah quoi ? y a bien du viking metal après tout merdalors), elle se raconte pas elle se vit celle là, ma préférée de l’album.
Cyanide
La seule nouvelle chanson jouée par Metallica à Arras, la chanson qui a fait qu’un album que je n’attendais pas spécialement, toujours déçu par Saint Anger, m’a paru comme un must have absolu. La chanson est accrocheuse dès les premières secondes, la basse de Trujillo te prend au filet dès qu’elle est lancée. La chanson est pas « simple » ça tranche avec ce qu’a fait Metallica auparavant tout en reprenant pas mal de trucs, les fameux passages asynchrones reviennent et bouleversent toujours l’écoute mais, à la différence de Saint Anger, ça finit par passer et vraiment faire partie de la chanson.
The Unforgiven III
Bon quand j’ai ouvert la box et que j’ai regardé la playlist pour voir le nom des chansons, la tracklist de l’album m’a fait un effet hyper mitigé, la faute à cette chanson là. The Unforgiven III. Bah quoi les gars ? On a plus d’idée ou quoi ? Dans 10ans on aura The Unforgiven 18, the return of the vengeance ? Du coup pas forcément envie de l’entendre celle là, alors que j’aime The Unforgiven I et II à la base. Ecoutant l’album entier, je finis par tomber dessus, sans regarder le nom des pistes, et donc sans savoir que c’est celle-ci. Et force est de constater que la chanson, tout en alternance montée/douceur jusqu’à un passage d’une grosse intensité avec une batterie façon Sandman qui te remue les entrailles et fait balancer la tête en te rappelant que Metallica n’était pas le plus grand groupe de metal pour rien à une époque pas si lointaine, ne ressemble ni à la I ni à la II, alors aucune idée de pourquoi ils l’ont appelé comme ça (oui ça parle de forgive et tout mais bon, c’est bien tout, la trame musical est différente). Entre le nom et l’intro au piano je trouve ça dommage car ça donne une mauvaise idée de base de la piste alors que c’est surement une des meilleurs de l’album.
The Judas Kiss
Excellente piste qui te remonte des envies de Struggle Within et de Through The Never. Du pur Metallica, à mon avis celle là en concert, elle doit te décoller les intestins et te faire faire sous toi. Bien bourrine, très hachée au niveau du rythme avec le refrain qui monte en vitesse qui t’achève, forcément une des meilleures de l’album.
Suicide & Redemption
Piste entièrement orchestrale, ce que Metallica n’avait pas fait depuis Master of Puppets si mes souvenirs sont bons. Un peu longue à démarrer mais avec un crescendo constant jusqu’à un des meilleurs solo du groupe, avec un Kirk qui sort du tapping délirant qu’il pond sur les autres solos de l’album, pour donner dans le vrai guitar hero avec un peu de Vai ou de Satriani au-dedans du rectum.
My Apocalypse
La dernière chanson de l’album. C’est une … chanson à pogo. Tirant sur One à bien des moments, aussi sautillante qu’une Whiplash mais durant plus de 5minutes, avec en plus un surcroit de vitesse en plein milieu, ce morceau, prochain single de l’album, te laissera à deux doigts de la mort en pleine fosse avec une meute de gens en pleine frénésie à coté de toi. Et pour ça Lecteur, tu diras merci Metallica.